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Partis politiques : vers la fin des « partis mallettes » ?

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Après la multiplication des regroupements politiques à la veille des scrutins de 2018, l’on assiste désormais à une tendance inverse : les “grands partis”. Qu’en est-il ?

AA/a, AAB, AABC, AAAC, ABCE, ACC … Vous vous rappelez sans doute de tous ces sigles improbables, égrenés l’un après l’autre cette nuit-là du mercredi 9 au jeudi 10 janvier 2019, lors de la proclamation des résultats des élections provinciales et présidentielle. Sur le papier, ils représentaient, pour la plupart, des regroupements politiques affiliés au Front commun pour le Congo (FCC), la plateforme de Joseph Kabila, alors président de la République sortant. Mais, à l’intérieur, on n’y trouve souvent que des « partis tiroirs », montés de toutes pièces pour des besoins électoraux. Sur le terrain, un grand nombre d’entre eux ne dispose pas de siège social, pas d’identité visuelle, encore moins de militants.
Comment en est-on arrivé là ? Lorsque est introduit en 2017 le seuil de représentativité (1% du nombre total des suffrages valables exprimés au niveau national), ces partis factices se sont retrouvés dans l’obligation de se regrouper et d’intégrer quelques figures du principal parti au pouvoir, le PPRD.

Ce qui a permis d’ailleurs à certains de ces regroupements d’atteindre les 181 611, 82 voix exigées par la loi électorale pour participer à la répartition des sièges, selon les résultats contestés des législatives contestées du 30 décembre 2018. D’autres sont restés sur les carreaux, notamment ceux qui ont osé y aller seuls. Selon les chiffres de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) que nous avons pu consulter, seuls 32 des 74 partis et regroupements politiques, qui avaient pris parts aux derniers scrutins, avaient atteint le seuil de représentativité.

« GARDER LES TROUPES EN PLACE »
Élections passées, l’heure est désormais à l’expression des ambitions. Peu importe qu’il provienne d’un parti réel ou de la « mosaïque PPRD », chacun veut avoir voix au chapitre à tous les niveaux, que ce soit au gouvernement, à la tête des entreprises du portefeuille de l’État et des représentations diplomatiques du pays.

« Ce n’est pas facile de gérer les égos et les frustrations. Le départ du “camarade” Modeste Bahati dont le parti a été longtemps allié au PPRD constitue une illustration éloquente de la difficile mission de garder les troupes en place », confie un cadre du parti de Joseph Kabila. Peu avant la formation de l’équipe gouvernementale, le leader de l’Alliance des forces démocratiques du Congo et Alliés (AFDC-A) s’est en effet séparé non sans fracas avec la famille politique du désormais ex-président de la République.

C’est notamment pour éviter à l’avenir cette déconvenue que le FCC « réfléchit » dorénavant à se muer en « grand parti politique », selon un haut responsable de cette plateforme électorale, consulté début décembre à Kinshasa par le Groupe d’étude sur le Congo (GEC).

« Joseph Kabila s’est surtout rendu compte des limites de cette myriade des partis qu’il avait mise en place à l’époque pour anéantir les effets du scrutin proportionnel », tacle Fidèle Babala, secrétaire général adjoint du Mouvement de libération du Congo (MLC), parti d’opposition. « Aujourd’hui il [Joseph Kabila] cherche à conserver coûte que coûte cette majorité parlementaire obtenue pourtant par la fraude. Pour lui, cela passerait donc par exiger aux membres de la ‘mosaïque PPRD’ de former un parti », estime-t-il. D’autres formations politiques membres du FCC, issus souvent des dissidences avec des partis d’opposition, sont également concernées.

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